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Juillet 2017

Nous, c'est Paris !

Marie-Anne Barbat-Layani

Le 7 juillet 2017, la mobilisation du gouvernement et des pouvoirs publics à Paris et en Ile-de-France, a été un nouveau signal fort donné aux acteurs économiques de la Place de Paris et à ceux qui voudraient s'y installer ou s'y développer.

L'industrie bancaire est, avec ses filiales notamment dans l'assurance et la gestion d'actifs, un des principaux atouts de la Place de Paris. La France est une terre particulièrement fertile pour les activités bancaires. La preuve, nous avons en France quatre des neufs banques les plus puissantes de la zone euro et plus d'une centaine de banques étrangères. Performantes et innovantes, les banques françaises animent un écosystème de Fintechs en plein essor et la présence de grands clients complète un tableau favorable. Pour appuyer ce dynamisme, s'ajoute maintenant " une économie française qui affiche une croissance solide, qui ne devrait pas faiblir d'ici la fin de l'année ", selon la dernière note de conjoncture de l'INSEE.

Pour l'instant, beaucoup de banques internationales, installées à Londres, hésitent à franchir le pas et à choisir Paris pour leur nouvelle implantation européenne car, selon elles, la France manque de prévisibilité et de stabilité en matière de politique économique, fiscale et sociale. Il faut souhaiter que la démarche volontariste des pouvoirs publics et leurs dernières annonces, qui répondent aux principaux obstacles pour le développement des activités sur notre territoire, puissent les convaincre.

Il faudra aussi et surtout convaincre de la crédibilité des engagements en matière de prélèvements, car le " track record " de la France n'est pas parfait en la matière ! L'épisode récent sur la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (C3S), dont la suppression annoncée sur trois ans dans le Pacte de responsabilité s'est interrompue au milieu du gué, a malheureusement marqué les esprits. La trajectoire qui figurera dans les lois budgétaires de la rentrée sera donc cruciale.

Les grands groupes bancaires français, par leurs activités de marché et de gestion d'actifs, ont déjà, par définition, une présence massive à Paris, avec près de 58 000 salariés directs liés à ces activités. Ils choisiront bien évidemment Paris pour la relocalisation des équipes londoniennes dans l'Union européenne. Environ un millier d'emplois pourraient être concernés, comme récemment indiqué au Ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire ; avec comme effet d'entraînement au moins trois emplois indirects pour un emploi direct.
Mais le dimensionnement des équipes qui s'installeront dépendra aussi des décisions réglementaires sur les conditions d'exercice des activités financières dans l'Union européenne, de la réglementation des activités de marché et de la localisation des infrastructures de marché qui sont des enjeux majeurs.

Le nouveau gouvernement doit donc continuer de se donner les moyens qui permettraient à la Place financière de Paris de s'imposer comme nouveau pôle d'excellence de la finance européenne.
Marie-Anne Barbat-Layani
Directrice générale de la Fédération bancaire française

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Nos Positions

Cybersécurité : soyons sérieux
La deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2), qui permet à de nouveaux acteurs d'accéder librement aux comptes de paiement, pose des questions de sécurité souvent mal comprises. Alors que la directive entre en vigueur le 13 janvier 2018, les standards de sécurité qui en sont le complément essentiel ne seront pas en place avant mi-2019 au plus tôt. Ceci est simplement irresponsable dans le contexte désormais avéré de cyberattaques croissantes et de plus en plus puissantes. La date d'entrée en vigueur de la directive doit donc être modifiée pour que ces deux datent coïncident.
Par ailleurs, ces standards de sécurité ne doivent pas être dévoyés. L'Autorité bancaire européenne les a élaborés avec professionnalisme : les institutions communautaires - Commission, Parlement et Conseil - doivent donc les adopter sans introduire de modifications dont les effets sur le niveau global de sécurité ne sont pas prévisibles. Ainsi, la FBF soutient la création d'un écosystème fiable et efficace d'interfaces interopérables (API) pour une communication fiable entre les nouveaux acteurs et les banques. Ces interfaces modernes et sécurisées permettent de mettre l'ensemble des acteurs sur un pied d'égalité. La confidentialité des données clients, la cybersécurité et l'innovation seront menacées si la pratique de "web scraping" (technique permettant à un tiers d'accéder aux comptes bancaires du client en son nom et en se faisant passer pour lui via ses codes d'accès) continue à perdurer une fois que la DSP2 entrera en vigueur. Les banques ne transigeront jamais sur les questions de sécurité !

La banque : un employeur actif
Le secteur bancaire français a confirmé son dynamisme sur le marché de l'emploi, avec plus de 41 000 embauches en 2016. Les emplois proposés sont durables, avec 2 recrutements sur 3 en CDI (contre 2 sur 10 en moyenne au niveau national). Ce sont aussi des emplois de plus en plus qualifiés avec des Bac +4/5 qui représentent désormais plus de la moitié des recrutements. La part des femmes continue à se renforcer : 1 banquier sur 2 est une banquière et 47,1% des cadres sont des femmes ! L'enjeu de la formation est majeur et représente 4,3% de la masse salariale (contre 2,7% en moyenne dans les entreprises françaises). Les métiers qui recrutent sont les métiers de la conformité et de l'informatique, mais aussi les métiers de proximité comme les chargés de clientèle (particulière, professionnelle et entreprise) qui représentent 4 recrutements sur 10 en 2016. Enfin 6 300 nouveaux contrats d'alternance ont été signés en 2016.

Une nécessaire relance de l'Union des Marchés de Capitaux
A l'occasion de la publication par la Commission européenne (CE) de son analyse à mi-parcours du plan d'action de l'Union des Marchés de Capitaux (UMC) lancé en 2015, la FBF a rappelé son soutien à cette initiative. Les banques françaises sont parmi les premières banques de financement et d'investissement en Europe et jouent un rôle majeur dans le financement de l'économie européenne. Pour tenir compte de l'impact du Brexit et des réglementations bancaires qui incitent à davantage de financement par les marchés, il est essentiel de relancer une réflexion stratégique en Europe. La FBF suggère donc que l'Union européenne organise la réflexion en réunissant des personnalités reconnues, sous forme de "comité des sages" qui définirait les grandes orientations pour promouvoir la relance de l'UMC.

Ils l'ont dit

Lundi 26 juin 2017 - Guillaume Poupard, directeur de l'ANSSI, interview sur acteurs publics TV
06/26/2017
Il faut une coordination extrêmement étroite entre ceux qui pensent le numérique et ceux qui pensent la sécurité du numérique.

FBF dans les Médias

14 juin 2017 - Marie-Anne Barbat-Layani "Bâle IV : Les banques françaises renâclent ?" Le Monde (autres reprises dans Les Echos, REUTERS, La Tribune et l'AFP)

14/6/2017

En amont de la réunion du Comité de Bâle qui se tenait en Suède, la directrice générale de la FBF a fait part de ses inquiétudes : « Les Américains ont été habiles en faisant porter le débat avec les Européens sur le niveau du « floor » et non plus sur son existence». Selon une estimation de la FBF, l’impact de ces mesures serait négatif pour le financement. « Pour les crédits immobiliers, soit un peu moins de 1 000 milliards d’euros d’encours dans le bilan des banques françaises, si le « floor» est fixé à 70%, le coût des fonds propres mobilisés serait multiplié par trois pour les banques. Pour le financement des avions, le coût serait même multiplié par quatre ». Les mêmes règles ne produisent pas les mêmes effets sur les bilans des banques et le financement de l’économie sur les deux continents. « Il y a un aspect concurrentiel dans ce dossier. Les Etats-Unis veulent un « floor » qui pénalise les banques européennes».

Pour en savoir plus, la FBF a publié un document pédagogique sur « les accords de Bâle et leurs conséquences sur le financement de l'économie »

8 au 10 juillet 2017 - Les Rencontres Economiques d'Aix en Provence

8/7/2017

Marie-Anne Barbat-Layani, en tant que directrice générale de la FBF, participait aux Rencontres d'Aix 2017 à la session "Jusqu'où ira la désintermédiation ?", qui s'inscrivait dans le parcours "Financer". La directrice générale de la FBF a ainsi développé deux approches de la désintermédiation financière autour de la "débilantialisation" et " bookingisation des banques", en appelant à une réflexion économique et politique sur ces sujets.

Lire la tribune de Marie-Anne Barbat-Layani publiée pour cette manifestation + vidéo de l’intervention

8 juillet 2017 - France Culture "10 ans après la crise financière, la régulation en suspens"

8/7/2017

Benoît de La Chapelle, directeur général délégué de la FBF, participait à un débat aux côtés de Jézabel Coupey-Soubeyran, maître de conférences à l'Université Paris I et Dominique Plihon, professeur d'économie financière à Paris XIII. Au cours du débat, il a rappelé toutes les mesures mises en place depuis 2008 pour renforcer le secteur et prévenir une nouvelle crise. La solidité du secteur bancaire français a été renforcée avec des banques françaises qui ont doublé leurs fonds propres entre 2008 et 2015. Il a souligné également que toute la réglementation qui pèse sur les fonds propres peut avoir des conséquences sur la capacité des banques à pouvoir financer l'économie. Et aujourd'hui l'enjeu est de faire le choix de notre modèle de financement face à une concurrence internationale, notamment les Etats-Unis. C'est un sujet politique qui doit être pris en main au bon niveau. " L'Union européenne doit affirmer ses choix et son modèle de financement, ça veut dire que dans la négociation en cours à Bâle, on ne doit pas appliquer le modèle anglo-saxon mais adapter les règles prudentielles au mode de financement de l'économie. C'est ça, l'absence de naïveté ! ".

Pour réécouter l’émission

Agenda

Août
29/30

Université d'été du MEDEF, Paris

Septembre
1er

Jean-Laurent Bonnafé devient président de la FBF pour un an

Septembre
7

Conférence de presse de la BCE sur la politique monétaire, Francfort

Septembre
15

Eurogroupe, Tallin (Estonie)

Septembre
20/21

Workshop Digital Revue Banque, Paris. Remise du prix RB Innovation par Marie-Anne Barbat-Layani

Le tweet du mois

Le chiffre du mois

Les accords de #Bâle et leurs conséquences sur l'économie
@FBFFrance

En 2016, les banques ont recruté 6 300 nouveaux alternants. Ils s'ajoutent aux 8 300 alternants déjà présents dans les banques fin 2016.