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20 décembre 2002

Interview de Pierre Simon sur l'euro

Notre échelle de valeurs en euros se construira avec le temps

 

Quels ont été les points marquants de cette première année en euro ?

Je vois essentiellement deux phénomènes. Tout d'abord la facilité avec laquelle les Français se sont habitués aux moyens de paiement en euros. Ils ont très rapidement maîtrisé les nouvelles pièces et les nouveaux billets, de même que les autres moyens de paiement. Par exemple, il y a eu très peu d'erreurs sur la rédaction des chèques en euro.

Il est vrai que les banques et toutes les organisations concernées avaient largement anticipé le moment du passage. Dès la mi-2001, des millions de plaquettes d'information avaient été diffusées, des carnets de chèques en euro distribués, et les grands facturiers avaient aussi basculé à l'euro pour sensibiliser les consommateurs.

L'autre fait marquant, c'est la persistance de la référence au franc, un an après.

Pour s’adapter à l’euro, les Français ont-ils modifié leur utilisation des moyens de paiement ?

Curieusement, l'euro n'a pas modifié les habitudes des Français concernant leurs moyens de paiement. Pour la première année en euro, on ne constate pas d'évolution du montant moyen des retraits aux Distributeurs Automatiques de Billets par rapport aux années précédentes. De même, un an après, les Français conservent les mêmes pratiques qu'à l'époque du franc concernant l'utilisation des chèques, de la carte bancaire et des autres moyens de paiements (TIP, virements, prélèvements).

Comment expliquer la difficulté des Français à penser directement en euros ?

L'autre grand constat de cette première année, c'est effectivement que la référence au franc est durable, toutes catégories sociales et âges confondus. Toutefois, pour les prix du quotidien, l'échelle de référence est faite. Il n'est plus nécessaire de passer par le franc pour avoir une idée de la valeur du pain ou des journaux.

Pour les valeurs auxquelles on ne se réfère que rarement, telles que les automobiles ou l'immobilier, il faut davantage de temps.

Dans les entreprises, le réflexe de conversion en francs a aussi été maintenu tant que les comparaisons ont dû être faites entre des euros et des francs, ce qui était inévitable les premières années pour les comparaisons d'évolutions du CA, des bilans, etc.

De manière générale, le processus de construction d'une échelle de valeurs en euros va s'accélérer, au fur et à mesure que les comparaisons avec les francs vont disparaître. De même, avec le temps, les Français auront eu à manier de plus en plus de prix en euros.

Pierre Simon, ancien Directeur Général de l'AFECEI, a été responsable dès 1996 de la préparation à l'euro pour les entreprises de toutes tailles, au sein du groupe " Creyssel-Simon ".

 
 
 
 
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