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25 septembre 2008

Dix questions/réponses sur la crise

 

1. Quel est l’impact de la crise sur les banques françaises ?

Rappelons tout d'abord que la crise est née aux Etats-Unis à cause de la distribution non contrôlée souvent par des non banques de crédit immobilier à des emprunteurs à la limite de la solvabilité et ceci a été rendu possible par une bulle immobilière ; l'utilisation du mécanisme de la titrisation de ces crédits a ensuite transféré les risques à toute la sphère financière, américaine d'abord, puis internationale.


Comme toutes les banques implantées à l'international, les banques françaises sont touchées par la crise. Même si cela pèse sur leurs comptes, leur exposition est cependant relativement limitée comme l'attestent les chiffres publiés par les banques. Le modèle de banque universelle a permis également une certaine résistance.


Les banques françaises sont solides, elles ont des fonds propres élevés. Elles sont en outre étroitement surveillées par la Banque de France qui vérifie qu'elles respectent les ratios de solvabilité. Elles sont néanmoins comme toutes les banques dans le monde confrontées à une crise de liquidité.

2. La situation américaine pourrait-elle se reproduire en France ?

Non, la situation américaine ne peut se produire en France ; la situation des banques françaises est bien différente de celle de leurs consoeurs américaines :

- les banques françaises sont étroitement contrôlées ;

- le modèle d'octroi de crédit est différent : il est fondé en France sur l'analyse de la capacité de remboursement des emprunteurs et ne peut être effectué que par des établissements agréés. Ce modèle de prêt responsable a montré son efficacité puisqu'il n'y a pas eu en France de crise des subprime ;

- le modèle de banque universelle avec des activités diversifiées permet une meilleure résistance.

3. Comment les banques françaises sont-elles supervisées ?

La Commission bancaire, qui est rattachée à la Banque de France, dispose d'importants pouvoirs de contrôle (ou surveillance) et de sanction à l'égard de l'ensemble des banques et établissements financiers. Elle est chargée de veiller au respect par les banques des dispositions législatives et réglementaires qui leur sont applicables. En outre, elle examine les conditions de leur exploitation et veille à la qualité de leur situation financière. Le superviseur national peut par exemple, au titre de la directive européenne sur le ratio de solvabilité (CRD) , exiger des fonds propres supplémentaires s'il juge que c'est nécessaire pour couvrir l'ensemble des risques pris par une banque.

La révision de cette directive est en cours à Bruxelles et les banques françaises ont participé aux travaux. Elles souhaitent notamment la mise en place d'une surveillance des groupes bancaires transfrontières au niveau européen, afin d'améliorer l'efficacité du dispositif.

4. Quel est l’impact de la crise sur l’économie ?

Toutes les entreprises et donc les banques, ont à faire face au ralentissement économique mondial. Ce ralentissement est à la fois lié aux turbulences sur les marchés financiers, au repli des marchés immobiliers et aux prix élevés des matières premières ( pétrole..). Il est particulièrement marqué dans la zone euro, où l'OCDE ne prévoit plus que 1,3 % de progression du PIB en 2008, contre 1,7 % il y a trois mois. Pour la France, l'OCDE a également abaissé sa prévision de croissance 2008 à 1% contre 1,8 % auparavant.

Sur le plan financier, la crise se traduit par une augmentation du coût de la ressource pour les banques, ce qui entraîne un renchérissement du coût du crédit.

5. Les banques françaises continuent-elles à financer l’économie ?

Les banques françaises ont aujourd'hui la capacité de prêter à leurs clients, particuliers et entreprises. Leurs fonds propres sont suffisants et dépassent les ratios réglementaires. Elles ont une démarche responsable, elles ont toujours veillé à la capacité de remboursement des emprunteurs afin de ne pas les placer dans une situation difficile.

Néanmoins, en raison d'une conjoncture difficile ( cf question 4), le comportement de tous les acteurs économiques est devenu prudent, qu'il s'agisse des entreprises ou des particuliers.

6. Les banques continuent-elles à financer le marché immobilier ?

Le ralentissement de la production de crédit immobilier constaté au début 2008 intervient après une hausse exceptionnelle entre 2003 et 2007. Le taux de croissance des prêts à l'habitat reste toutefois important : +10,8% sur un an à fin juillet 2008, avec un encours de près de 690 milliards d'euros, selon la Banque de France. Ce ralentissement est lié en partie à la baisse de la demande de ménages qui reportent leur projet, en raison de la situation du marché immobilier et de leur inquiétude pour l'avenir ( problème du pouvoir d'achat).

Rappelons cependant que le crédit est le métier de base des banques : il y a entre elles une forte concurrence et le crédit immobilier reste un produit d'appel.

7. Les PME ont-elles des problèmes pour obtenir des financements bancaires ?

L'encours de crédits aux PME a continué à augmenter au premier semestre. Le financement des PME reste une activité importante pour les banques.

Cependant, le contexte économique général, notamment les perspectives d'activité, amènent les PME à revoir leurs politiques d'investissement.

Selon une enquête semestrielle publiée en Juillet 2008 par Oséo, les PME revoient leurs investissements à la baisse en raison de la conjoncture. L'indicateur d'investissement pour 2008 s'établit à +2, contre +18 dans l'enquête de novembre 2007, soit un recul de 16 points. La proportion de PME prévoyant d'investir dans l'année n'est que de 57 %, contre 66 % dans l'enquête de mai 2007.

8. Les déposants sont-ils protégés en cas de faillite en France ?

Les banques françaises sont solides. Il existe en outre un fonds de garantie des dépôts, créé par la loi en 1999, et destiné à couvrir les dépôts et titres en cas de défaillance de la banque. Les banques françaises et les filiales d'établissements étrangers adhèrent à ce fonds de garantie. En cas de faillite, il est ainsi prévu un remboursement des dépôts à la hauteur maximum de 70 000 € par déposant pour les espèces et un montant identique pour les titres rendus indisponibles.

Les établissements dont le siège social se situe dans un autre pays de l'Espace Economique Européen bénéficient du mécanisme de ce pays.

Pour plus d'informations, consulter le mini-guide " Quelle garantie pour vos dépôts ", wwwlesclesdelabanque.com



9. La crise doit-elle amener les clients à revoir leur choix d'investissements ?

Comme en toute période d'incertitude et de crise, il est toujours bon de se poser ce type de question. Il est important de pouvoir apporter les ajustements nécessaires, en relation avec la conjoncture et la stratégie d'investissement visée.

Il faut d'abord différencier la vision de court terme et les perspectives de moyens ou long terme. Les décisions en matière de placements sont différentes suivant les choix et les objectifs fixés par le client. Le rendement de court terme n'est pas le seul paramètre d'un choix d'investissement.

L'application de la directive MIF (Marché d'instruments financiers), depuis le 1er novembre 2007, oblige les banques à évaluer la connaissance et l'expérience en investissement de leurs clients, ainsi que leurs objectifs, pour les orienter vers les produits adaptés. Elle améliore aussi l'information préalable donnée, qui doit permettre au client de comprendre les produits et services proposés, et les risques associés.


10. La situation actuelle signifie-t-elle qu'il faut davantage de réglementation ?

En France, les banques sont déjà très régulées et soumises à une règlementation bancaire stricte, qui est à 70% d'origine européenne. La réglementation évolue en permanence afin de l'adapter aux nouvelles données du marché et aux évolutions technologiques.

Il est naturellement nécessaire de tirer les leçons de la crise et les banques françaises ont fait des propositions il y a plusieurs mois. Des travaux sont en cours à Bruxelles et les banques y participent activement. Ils concernent la surveillance bancaire au niveau européen (Cf question3) , l'harmonisation des fonds propres des banques, la réglementation de la titrisation dans le sens d'une plus grande transparence.

Les banques françaises insistent sur la nécessité d'une règlementation adaptée, européenne, - voire internationale dans certains cas- qui permette de contribuer au renforcement de la stabilité financière et de soutenir le financement de l'économie et de la croissance.


 
 
 
 
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