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23 février 2012

Pour comprendre la crise et se détacher des idées reçues, Pierre de Lauzun co-signe chez Revue Banque Edition / Eyrolles un livre didactique sur les marchés financiers

Pierre de Lauzun est délégué général de l'Association française des marchés financiers. Il répond aux questions de Pascale-Marie Deschamps sur les marchés financiers, en compagnie de Philippe Tibi, président de l'Amafi, professeur à l'Ecole Polytechnique et président d'UBS en France.

 


"Les banques n'ont certes pas consacré l'intégralité de leurs profits à l'augmentation de leurs fonds propres. Néanmoins sur la période 2008-2010, elles les ont considérablement accrus, d'au moins cinquante milliards d'euros en ce qui concerne les banques françaises. L'image des banques qui ont gagné de l'argent et qui l'auraient distribué, sans compter, à leurs actionnaires et à leurs traders est une image fausse ; si elles ont pu continuer à distribuer des dividendes et des bonus, c'est que cela ne perturbait pas la trajectoire qu'elles devaient respecter en matière de nouveaux ratios de dettes sur fonds propres imposés par les accords dits de Bâle III, négociés après la crise financière et dont l'application était étalée dans le temps (jusqu'en 2019).


[...]

Faire porter la responsabilité de nos maux au marché est un peu rapide. Le vrai problème ce sont les déficits. Un pays en équilibre budgétaire et qui n'est pas endetté ou l'est raisonnablement reste maître chez lui. Le marché n'a rien à y redire. Mais si ce pays, quelle que soit la tendance politique au pouvoir, accumule des déficits et s'endette auprès des investisseurs internationaux pour y faire face, il se met alors entre les mains du marché. marché qui n'est pas en soi malveillant, mais dont l'opinion du coup ne peut être ignorée.


[...]

Les investisseurs du monde entier, car le marché ce sont avant tout des investisseurs, et dans ce cas précis des prêteurs, savent qu'une récession se traduit par des rentrées fiscales inférieures et une perpétuation des déficits qui, in fine, les empêcheront d'être remboursés. Dire que les prêteurs veulent étrangler les pays pour être remboursés envers et contre tout n'a pas de sens. Ils ont besoin d'une économie en état de lever des impôts.


[...]

Il [le marché] n'est pas efficient au sens où il serait un être mathématique omniscient qui allouerait les capitaux de manière parfaite et optimale. Pour autant, cela ne veut pas dire que la machine est mauvaise en soi et qu'il faudrait en changer parce qu'il en existerait une meilleure. Le marché reste le seul mécanisme qui organise la confrontation la plus large et la plus efficace de tous les produits financiers, entre ses émetteurs et les investisseurs, pour rendre disponibles des sommes très importantes à tout un ensemble de projets et de besoins économiques".


"Les marchés font-ils la loi ? Réponses aux idées reçues et aux solutions toutes faites", de Pascale-Marie Deschamps, livre d'entretiens avec Pierre de Lauzun et Philippe Tibi, Préface de Michel Pébereau, parution chez Revue Banque Edition/Eyrolles le 23 février 2012.

 
 
 
 
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