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27 juin 2012

"Une forme d'union bancaire est une pierre de la maison à construire"

Retrouvez les extraits de l'interview de Frédéric Oudéa, Président de la FBF, sur Radio Classique le 27 juin 2012.

 

Nicolas Pierron

Les réunions se multiplient. Qu'en attendez-vous, de ce nouveau sommet ?

Frédéric Oudéa

Il faut que la zone euro redonne aux investisseurs du monde entier la vision de là où elle veut aller. De nouveau il y a des craintes fortes, sur finalement à la fois sa capacité à croître, sa capacité et le bon rythme pour réduire les déficits, et puis bien entendu, sa volonté finalement de présenter un visage plus intégré. Et ce que le monde entier attend, les investisseurs qui nous prêtent chaque jour de l'argent, prêtent aux pays de la zone euro, c'est ça : c'est en fait une trajectoire qui leur paraisse globalement crédible, et avec une gouvernance et des mécanismes de fonctionnement qui leur paraissent convaincants.

Nicolas Pierron

Et ça correspond à quoi, pour vous, une Europe plus intégrée, aujourd'hui ?

Frédéric Oudéa

Il y a plusieurs éléments potentiels dans cette Europe intégrée. On parle beaucoup d'union bancaire, et probablement l'union bancaire, "une forme d'union bancaire est une pierre de cette maison à construire". Mais au-delà, la question clé, c'est au fond, qui est posée au gouvernants de l'Europe, c'est : comment des économies très différentes peuvent partager une même monnaie et un même taux d'intérêt, d'une manière qui leur permette à chacune d'entre elles de fonctionner, et bien sûr d'avoir une croissance à peu près satisfaisante. Et c'est aujourd'hui la question qui est posée, avec des économies très différentes, comme la Grèce, l'Espagne et l'Allemagne.

Nicolas Pierron

Vous êtes pour les euro-obligations, auxquels est opposée Angela Merkel ?

Frédéric Oudéa

Une nouvelle fois, la question c'est : est-ce qu'on peut avoir une même monnaie avec des économies objectivement intrinsèquement différentes. Il n'y a pas les mêmes industries, il n'y a pas les mêmes capacités à exporter, il n'y a pas les mêmes déterminants de croissance dans chacun des Etats. Et c'est là où avoir la même monnaie, une nouvelle fois, je le répète, n'est pas si simple, pour permettre à chaque pays de trouver ses moyens de croissance. Donc je pense qu'à terme, on ira vers effectivement potentiellement plus d'intégration financière. La question aujourd'hui, c'est qu'une mutualisation et une solidarité de ce type doit reposer, au fond, sur une confiance que la discipline future sera plus forte que la discipline passée. [...]

Nicolas Pierron

Les prêts sont moins risqués aujourd'hui dans le portefeuille des banques ?

Frédéric Oudéa

Ah, c'est évident que les prêts à l'immobilier en France sont beaucoup moins risqués que ce qu'on a vu en Irlande, aux Etats-Unis avec le subprime, et l'Espagne. C'est un élément fondamental de solidité d'un système bancaire. Deuxièmement, le système bancaire français est fondamentalement très diversifié. Et la deuxième grande leçon de la crise, c'est que la diversification du risque est un atout. On le voit là aussi avec l'exemple de BANKIA, banque très simple : très implantée dans les territoires, pas d'activité de marché, qui parce qu'il y a effectivement du crédit immobilier mal fait, peut être très fragilisée. La diversification du risque est là une protection.... Troisième chose...

Nicolas Pierron

Vous plaidez, là, pour le modèle de banque universelle ?

Frédéric Oudéa

...Troisième chose : sur l'aspect de liquidité, c'est vrai qu'il y a une transformation en Europe, imposée par la nouvelle réglementation, et on va progressivement imposer un modèle plus anglo-saxon au financement de l'économie européenne, c'est-à-dire avec plus de financement de marché et moins de crédit dans les bilans. Et de ce point de vue, oui, les banques françaises ont à s'adapter. Elles ont commencé à le faire, vont avoir à continuer à le faire, pour avoir des ratios de liquidité, ces fameux nouveaux ratios, en ligne avec ce qui est exigé par la nouvelle réglementation. [...]

Nicolas Pierron

En France le nouveau gouvernement veut relever le plafond du Livret A, pour favoriser le financement du logement social, mais il semble hésiter à le doubler, comme l'avait promis François Hollande durant sa campagne.

Frédéric Oudéa

Ce dont on parle, c'est une question fondamentale. D'abord, la compétitivité des entreprises françaises doit être au coeur de notre préoccupation, de nos préoccupations et de la stratégie du gouvernement. Ça veut dire : éviter de plus pénaliser le taux de marge des entreprises françaises, qui est historiquement bas. Les entreprises françaises ont besoin d'investir, et pour cela, elles ont besoin de faire des profits. Deuxièmement, en complément de cet autofinancement, il faut que de l'argent arrive et soutienne les entreprises dans leur développement : du capital et du crédit. C'est un élément fondamental, qui pose la question de l'allocation de l'épargne des Français. Dans les prochaines années, il faut faire en sorte que le maximum d'épargne des Français aille financer les entreprises qui vont créer des emplois. Ça veut dire que les incitations fiscales doivent privilégier plutôt l'épargne longue...

 
 
 
 
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