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14 octobre 2013

"Pour le secteur bancaire, le taux d'imposition s'est élevé en 2012 à 63%"

Extraits de l'intervention de Jean-Laurent Bonnafé, Directeur général de BNP Paribas et Président de la Fédération bancaire française (FBF) dans Les Echos du 14 octobre 2013.

 

Quel est l'impact de la pression fiscale actuelle sur les banques ? Y a-t-il un "ras-le bol" du secteur ?

Le "ras-le-bol" est une notion affective. Il faut prendre la mesure effective de ce qui se passe. Pour le secteur bancaire, tout impôts et taxes confondus, le taux d'imposition s'est élevé en 2012 à 63 %. Après la surtaxe de l'impôt sur les bénéfices des sociétés qui vient d'être décidée, il atteindra quasiment 65 % en 2013. A de tels niveaux, un secteur d'activité rencontre des difficultés à investir et à se renouveler (...). Or on attend des banques commerciales qu'elles financent les agents économiques.

Dans le contexte de finances publiques très contraintes, que préconisez-vous ?

La crise a entrainé une aggravation du déficit budgétaire qu'il est apparu rapidement nécessaire de réduire. En conséquence, depuis 2010, le taux d'imposition des banques a crû de plus de 60%. Avec le retour à la normale, il faut maintenant travailler à une réduction de ce taux de façon maîtrisée. (...)


En attendant, une nouvelle taxe européenne, sur les transactions financières, se profile ...


Une telle taxe, même sous une forme atténuée par rapport au projet de la Commission Européenne, serait dévastatrice. Elle ne rapportera pas les recettes espérées, mais elle va coûter à tous les Etats, dont la France, aux grandes entreprises émettrices et au final au citoyen. Cette taxe n'a pas de sens à ce moment du cycle économique. (...)

Les banques, gros pourvoyeur d’emploi, vont-elles continuer à freiner sur leurs recrutements ?

Le secteur bancaire, qui représente 380 000 emplois, continue de recruter 20 000 personnes par an, ce qui reste important. Mais il n'est plus créateur net d'emploi comme cela a été le cas. Et cette tendance est durable. Elle s'explique par la réglementation plus contraignante et la complexité croissante des règles de distribution, mais aussi par les nouvelles technologies, la désintermédiation, les banques en ligne et l'évolution des usages des consommateurs. (...)

Percevez-vous une amélioration de la situation des entreprises françaises ?

(...) Globalement, la demande de crédits d'investissement demeure faible, d'autant plus que les entreprises qui en ont les moyens ont eu beaucoup plus recours aux marchés, avec l'appui des banques. Néanmoins, le secteur bancaire en France accorde près de 20 milliards d'euros par mois de crédits nouveaux aux entreprises, soit plus de 200 milliards par an, ce qui démontre la mobilisation du secteur bancaire vis-à-vis de toutes les entreprises, grandes ou petites. (...)


On entend de nouveau des inquiétudes sur l'état de santé des banques européennes...


Il revient maintenant à la Banque centrale européenne de mener l'examen des bilans de tous les établissements et à l'Autorité bancaire européenne de réaliser ses " stress test ". Nous en saurons plus après ces deux exercices. Peu ou prou, nous devrions assister à une confirmation des situations déjà connues.

Diriez-vous, comme d’autres, que le secteur bancaire européen ne dégagera plus les niveaux de rentabilité du capital d’avant-crise ?

C'est une certitude. Nous sommes passés de 29 à 69 milliards de capital, et on ne peut donc plus assurer la même rentabilité du capital (RoE). (...) En moyenne, le secteur bancaire européen offre aujourd'hui une rentabilité du capital de 6 %... pour un coût du capital qui tourne autour de 10 %. C'est une fragilité pour l'ensemble de l'industrie européenne : cela pèse sur la capacité des banques à financer l'économie, cela rend le système vulnérable à un nouveau choc, cela conduit les banques à se concentrer uniquement sur les sous-activités qui offrent le plus de ROE, au risque de délaisser les autres...

 
 
 
 
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