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17 juin 2015

Oui, les banques financent les PME

Principaux extraits de l'interview de Marie-Anne Barbat-Layani sur BFM Business à l'occasion du salon Planète PME

 



Hedwige Chevrillon


Vous avez reçu tout à l'heure le ministre des Finances Michel Sapin qui est venu vous voir et qui vous a dit, c'est bien, bravo, vous financez les entreprises. En même temps, ce n'est pas forcément le son de cloche qu'on a.


Marie-Anne Barbat-Layani


Il y a peut-être eu des difficultés relationnelles mais les choses ont bien changé. Et aujourd'hui, c'est la priorité stratégique numéro un de la Fédération bancaire française. Oui, les banques financent les PME. Le ministre nous l'a dit d'ailleurs.


Hedwige Chevrillon


Vu de la Fédération bancaire française, est-ce que vous vous avez le sentiment que la reprise elle est là ?

Marie-Anne Barbat-Layani


Ce que nous suivons évidemment de très près, c'est l'évolution du crédit et de la demande de crédit. En termes de nouveaux crédits aux entreprises on était à un rythme d'à peu près 15 milliards par mois jusqu'à la fin de l'année dernière. On est passé à 18 milliards, donc la production s'accélère. Mais la grosse difficulté aujourd'hui reste là demande. La demande de crédit d'investissement a un petit peu augmenté au cours des deux derniers trimestres, on est à 21 % d'entreprises qui ont demandé de nouveaux crédits d'investissement, on était à 20 %, donc vous voyez, ce n'est pas énorme. Aujourd'hui il y a 9 demandes sur 10, un petit peu plus même, de demandes de crédit d'investissement qui sont acceptées dans les banques quand les PME en font la demande. Les taux d'intérêt sont très bas, je le dis aussi parce que c'est un des multiples facteurs qui peuvent aider : c'est le moment d'investir parce que d'abord l'accès est très ouvert et les taux sont très bas.


Hedwige Chevrillon


Le 9 cas sur 10, c'est peut-être là où on va tomber d'accord, c'est-à-dire que c'est le 1 cas sur 10 c'est peut-être des TPE, non ?


Marie-Anne Barbat-Layani


C'est vrai que les taux sont un petit moins bons sur les TPE, néanmoins on est autour de 80 %, donc dans 8 cas sur 10 pour les TPE les demandes de crédit d'investissement sont acceptées, donc ça reste très bon. Pour les TPE, il y a des problèmes sectoriels qui ont été mentionnés et c'est vrai que celles qui sont tournées vers l'exportation ça marche plutôt bien. C'est vrai que celles qui sont dans des secteurs liés à la consommation ça va bien. Il y a des domaines qui ont beaucoup de difficultés, le BTP par exemple, avec lesquels on travaille beaucoup, les hôtels, café restaurants qui sortent d'une période très difficile avec un taux de défaillance d'entreprises qui est très important (...)

Il faut aller voir son banquier, on le dit beaucoup. Ce qui compte c'est le dialogue, c'est d'entretenir une bonne relation avec son banquier, de le voir régulièrement et effectivement quand on a un bon projet il faut aller voir son banquier. Aujourd'hui, je le disais, les taux sont bas et ça n'a jamais été aussi facile de rentabiliser un investissement.


Hedwige Chevrillon


Le contexte et le secteur, malgré tout, comme vous le soulignez, c'est-à-dire que ça dépend si on est dans l'aéronautique en ce moment c'est très porteur, si on est dans le numérique c'est très porteur. En revanche, si on dans le BTP j'imagine que c'est plus difficile pour trouver un crédit.


Marie-Anne Barbat-Layani


Ce qui est surtout difficile c'est de trouver du travail parce qu'on ne va pas faire des projets pour faire des projets. Les entreprises ont besoin d'avoir un carnet de commandes et d'avoir des perspectives. On sait que le BTP est effectivement dans une situation assez difficile.


Hedwige Chevrillon


Sur la question des taux d'intérêt, vous insistez là-dessus en disant allez-y c'est le moment d'investir. C'est peut-être pour ça du reste que c'est la première fois que la Fédération bancaire française est ici à Planète PME. La question c'est que les taux d'intérêt sont en train de remonter, on le voit déjà un peu dans l'immobilier.


Marie-Anne Barbat-Layani


On a une grosse volatilité surtout sur les marchés. Donc aujourd'hui on a des taux qui ont un peu remonté mais qui restent extraordinairement bas, on est autour de 2 % en moyenne pour les crédits aux PME sur moins de 1 million d'euros. On est très en dessous des taux même de la zone euro, donc il faut en profiter.


Hedwige Chevrillon


Il y a beaucoup d'initiatives de crowdfunding, de crowdlanding, de prêts pour les petites entreprises en disant justement, partant du constat que peut-être que les banques ne jouent toujours pas le jeu. Comment vous réagissez par rapport à ça, à la Fédération bancaire française ?


Marie-Anne Barbat-Layani


Toutes les modalités de financement sont bienvenues, et il y a une diversification c'est clair. Le crowfunding c'est à peu près 150 millions d'encours. L'encours des crédits aux PME c'est 375 milliards. Beaucoup de banques travaillent d'ailleurs avec des plateformes de crowfunding, c'est un complément utile dans un certain nombre de cas.


Hedwige Chevrillon


Est-ce que l'impôt prélevé à la source vous paraît une bonne chose, c'est compliqué pour les banques peut-être aussi ?


Marie-Anne Barbat-Layani


Les banques, pour l'instant n'ont n'a pas eu de contact avec les pouvoirs publics sur ce sujet qui relève de l'administration fiscale principalement. Les banques n'ont pas vocation à être les auxiliaires du fisc, nous on est au service de nos clients.


Hedwige Chevrillon


Après, si on vous le demande, vous le ferez


Marie-Anne Barbat-Layani


Juste un élément qu'il faut avoir en tête, il y a plus d'un Français sur cinq qui a plusieurs comptes bancaires aujourd'hui. Dans les CSP plus le taux est même de 35 %, et depuis 1965 les femmes n'ont plus besoin de demander l'autorisation de leur mari pour ouvrir un compte bancaire, c'est un scoop. Donc même dans les couples mariés qui déclarent leurs impôts ensemble il n'y a pas forcément un seul compte bancaire.


Hedwige Chevrillon


Ou est-ce que ça va être prélevé ? Donc c'est compliqué en fait dans l'application.


Marie-Anne Barbat-Layani


A mon avis c'est un sujet compliqué. On est au tout début de la réflexion.

 
 
 
 
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