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25 mars 2014

Les entreprises en France sont bien financées par leurs banques


Marie-Anne Barbat-Layani était l'invitée d'Hedwige Chevrillon hier dans le grand journal de BFM Business.

 

Hedwige Chevrillon

Un grand journal avec Marie-Anne Barbat-Layani, nouvelle directrice générale de la Fédération Bancaire Française. Merci de nous réserver votre première interview audiovisuelle. [...] alors, la grande question... il y a les stress-tests - ça fera le lien en l'occurrence - ces stress-tests qui mobilisent absolument toutes les places européennes. Je recevais Danièle Nouy il y a très peu de temps, la présidente du Comité de supervision de la Banque Centrale Européenne ; on voit que c'est une énorme machine et ça mobilise les banques d'une manière considérable. Le président de BNP Paribas me disait par exemple que rien que pour BNP Paribas, il a une équipe de cent personnes rien que pour répondre aux questions de ces superviseurs.


Marie-Anne Barbat-Layani

C'est un enjeu absolument considérable, donc c'est un exercice qui est bien sûr très lourd en effet. On commence par l'exercice de revue de la qualité des actifs, ce qu'on appelle l'AQR, et ensuite il y aura en effet les stress tests ; donc c'est un énorme exercice, sans précédent, pour les banques de la zone euro mais en même temps c'est un exercice qui est absolument nécessaire parce qu'il faut que lorsque le nouveau superviseur européen prendra les commandes, en novembre prochain, il ait une parfaite connaissance de ce qu'il y a dans le secteur bancaire.


Hedwige Chevrillon

Mais attendez, nous, on a une Autorité de contrôle prudentiel, vous la connaissez bien, alors pourquoi est-ce qu'il faut tout refaire ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Non, il ne faut pas tout refaire , [...] le superviseur avait besoin d'avoir cette revue qui lui permet d'avoir une vision harmonisée parce qu'il y a des superviseurs aujourd'hui nationaux et là, ça va être un superviseur unique, c'est un pas fondamental d'ailleurs qui est franchi pour la supervision des banques [...]


Hedwige Chevrillon

Ca veut dire que quand même on va de nouveau tout nettoyer dans les comptes des banques. Danièle Nouy disait que pour valider ces stress tests, il faudra bien qu'il y ait un ou deux morts, est-ce que c'est nécessaire à vos yeux et notamment en France, est-ce que vous pensez que ça passera par là ?


Marie-Anne Barbat-Layani

On n'a pas d'inquiétudes particulières sur les banques françaises, donc ça c'est un point qu'il est important de dire ; ensuite est-ce qu'il faut qu'il y ait des morts... c'est un peu curieux [...]

On ne peut pas préjuger par avance de ce qui va sortir de l'exercice ; je pense que là, il faudra suivre l'exercice, d'abord la revue des actifs, ensuite les stress tests ; nous, on n'a pas d'éléments particuliers sur ce qui va en sortir bien entendu, sauf que nous connaissons la situation des banques françaises - je pense que Danièle Nouy la connaît bien également - et il n'y a pas d'inquiétudes particulières.


Hedwige Chevrillon

C'est pour ça que c'est un petit peu étonnant. Ça vous a inquiétée cette déclaration ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Ce qui nous inquiéterait, c'est s'il y avait un objectif qui ne dépende pas de ce qui se passera dans l'exercice ; l'exercice nous semble être mené avec sérieux ; comme vous l'avez dit, ça mobilise un nombre considérable de gens dans les banques ; l'inquiétude, c'est plutôt sur le côté opérationnel justement de l'exercice, c'est-à-dire que c'est un exercice colossal, inédit d'ailleurs de par son ampleur et qui doit être mené dans un laps de temps très court. Il faut surtout être mobilisé pour répondre au maximum aux questions pour interagir avec le superviseur aussi à la fois parce que les questions peuvent ne pas être toujours bien cadrées etc ; et puis parce qu'on doit pouvoir avoir un contradictoire dans cet exercice également...


Hedwige Chevrillon

Justement, quel recours a une banque quand elle n'est pas d'accord sur celui qui l'a auditée, notamment sur un risque ? [...]


Marie-Anne Barbat-Layani

Vous ne pourrez pas avoir un résultat qui va sortir sans qu'il y ait eu un dialogue avec la banque lorsqu'on a des résultats qui ne correspondraient pas à l'estimation de la banque. [...]

Le superviseur a le dernier mot de toutes façons, c'est l'intérêt global du secteur d'avoir un superviseur qui a des pouvoirs et qui les exerce de manière responsable mais cette responsabilité, ça veut dire aussi qu'il faut qu'il y ait ce principe contradictoire, c'est-à-dire qu'avant de sortir un résultat définitif, il faudra que les établissements aient pu dialoguer avec le superviseur pour expliquer et pour parvenir si possible... pas à un accord forcément mais en tout cas à une compréhension mutuelle de la situation. [...]


Hedwige Chevrillon

...Et le fonds de résolution,


Marie-Anne Barbat-Layani

Le fonds de résolution, est là pour intervenir après que d'autres mécanismes qui ont été décidés dans le cadre de l'Union bancaire, interviennent, c'est ce qu'on appelle le renflouement interne. Le fonds de résolution, intervient en deuxième rideau. A priori, il n'a même pas vocation à intervenir parce qu'attention, le montant est de 55 milliards au niveau de la zone euro, constitués sur huit ans. Ensuite, vous avez la question de la contribution des banques françaises. Notre vrai sujet de préoccupation, c'est que ce soit équitable. Le ministre des Finances a parlé de dix milliards ; c'est une somme colossale. Ce que nous souhaitons, c'est qu'on en reste là, c'est-à-dire qu'on n'aggrave pas entre guillemets l'addition pour les banques françaises. [...]


Hedwige Chevrillon

Donc ça, ça vous convient mais comment vous allez le financer ? Comment ça va se répartir au sein des banques ? [...]


Marie-Anne Barbat-Layani

Ce sera en fonction de pas mal de critères et nous l'espérons, en particulier, en fonction du risque parce que les banques françaises sont des banques certes, pour certaines d'entre elles, de grandes banques et on peut s'en féliciter d'ailleurs mais ce sont des banques dont les risques sont particulièrement bien gérés. Nous souhaitons que le risque soit bien pris en compte et c'est pour ça que nous espérons que le calcul ne déviera pas trop de ce qui nous a été annoncé par le ministre en effet. [...]


Hedwige Chevrillon

Il y a Bâle 3 déjà qui coûte extrêmement cher aux banques. ça fait beaucoup, la ponction sur les banques et les fonds propres c'est très important.


Marie-Anne Barbat-Layani

Ca fait beaucoup de choses. Le secteur bancaire a beaucoup changé depuis la crise financière. Il s'est beaucoup solidifié. Il a plus de capital, plus de fonds propres. Il a plus de contraintes aussi, oui c'est vrai.


Hedwige Chevrillon

Et il y a quelques semaines Christian Noyer était à ce même micro, s'il y a une bagarre entre Bruxelles et sur la réforme bancaire notamment avec Michel Barnier. Où se situe la Fédération bancaire française ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Le projet tel qu'il a été présenté par la Commission européenne, ce serait une véritable erreur pour le financement des entreprises et pour le financement de l'économie européenne. [...]


Hedwige Chevrillon

Les entreprises se plaignent souvent de leur banquier, du financement des entreprises en l'occurrence. Vous pensez que ça va être pire demain qu'hier ?


Marie-Anne Barbat-Layani

Les entreprises en France sont bien financées par leurs banques, Huit demandes de crédit sur des PME pour le crédit bancaire sont satisfaites. Maintenant ce que l'on souhaite c'est éviter qu'on nous mette des bâtons dans les roues. [...]

Et donc dans ce rééquilibrage, ce que nous souhaitons c'est que les banques françaises puissent continuer à accompagner leurs clients pour aller sur les marchés. [...]

Le débat avec la Commission porte sur la tenue de marché, c'est-à-dire l'activité que les banques ont pour animer le marché des titres de leurs clients. C'est là que nous considérons que le projet de la commission tel qu'il est aujourd'hui pose un très, très grave problème. Et nous ne sommes pas les seuls à le considérer. D'ailleurs les entreprises elles-mêmes, que ce soit au niveau français, ou au niveau des associations d'entreprises au niveau européen, ont réagi très vivement sur le projet de Michel Barnier parce qu'effectivement, elles voient venir un grave problème pour leur financement s'il devait voir le jour tel qu'il est.

 
 
 
 
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