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07 juin 2012

"C dans l'air" : Vers une nouvelle crise financière ?

Retrouvez des extraits de l'intervention d'Ariane Obolensky, directrice générale de la FBF, au cours de l'émission d'Yves Calvi "C dans l'air" sur France 5 du 6 juin 2012.

 

Les invités à l'émission étaient : Ariane Obolensky, directrice générale de la FBF, Christian Saint-Etienne, économiste, Marc Fiorentino, spécialiste des marchés financiers et Pierre Larrouturou, économiste.



Yves Calvi

Ariane Obolensky, vous êtes aussi inquiète ?

Ariane Obolensky

Je crois que les autorités espagnoles ont-elles-mêmes dit qu'elles étaient inquiètes, qu'il y avait un problème de financement, il y a un problème de confiance, il y a l'argent, tout simplement, qui ne vient pas financer l'économie espagnole, et je crois qu'effectivement, on peut dire qu'on est en train de voir les conséquences de la crise immobilière qui a frappé une économie dans laquelle, précisément, le secteur immobilier joue un rôle extrêmement important, voire fondamental. Donc les banques en souffrent. (...)

Yves Calvi

Mais c'est quoi notre problème à nous, selon vous ? C'est...

Ariane Obolensky

On a des banques solides, on a, nous, peut-être, un problème général de compétitivité, c'est un tout autre sujet ; on a un problème de finances publiques...(...).

Nous n'avons pas de problème de bulle immobilière et nous n'avons pas de problème de solvabilité des banques françaises, je crois qu'il faut le dire aux gens parce qu'il n'y a pas de raison non plus que l'on s'alarme pour de mauvaises raisons. Il y a suffisamment de problèmes.

Yves Calvi

Trouvez-vous - je sais que c'est étrange de vous poser la question comme ça, mais - trouvez-vous crédible de nous dire " tout va bien dans les banques françaises " ?

Ariane Obolensky

Mais je ne vous dis pas que tout va bien dans les banques françaises !

Je vous dis tout simplement que nous avons des banques solvables qui ont augmenté d'un tiers leurs fonds propres depuis la crise, qui n'ont jamais coûté aux contribuables et qui ont des pratiques de prêts qui sont extrêmement régulées, grâce à une supervision - et la supervision et la régulation, c'est fondamental pour un bon système financier, donc je suis moins d'accord d'aller vers une supervision européenne, ça c'est tout à fait évident - non, je crois qu'on n'a pas à redouter le même type de scénario en France qu'en Espagne. (...)

Yves Calvi

Ariane Obolensky, juste une question concernant l'Espagne, puisque c'est notre premier cercle et puis on va élargir au fur et à mesure de l'émission, les banques espagnoles ont été obligées de provisionner 84 milliards d'euros par le gouvernement espagnol. Ce n'est pas rien ! Et comment se fait-il que ça n'apaise pas un tout petit peu les tensions ?

Ariane Obolensky

L'histoire montre que dans les crises immobilières, surtout quand elles ont cette ampleur, il est extrêmement difficile de savoir où ça s'arrête. Donc ce qui se passe à l'heure actuelle, c'est qu'effectivement, il semble bien - donc je n'ai pas d'informations particulières, mais d'après ce qu'on voit - il semble bien que l'effort de provisionnement réel qui a été fait soit malgré tout insuffisant, compte tenu de l'état du marché immobilier espagnol, et notamment de la surproduction de logements. Donc c'est quelque chose qui est durable. Je voudrais quand même rappeler que la question des banques espagnoles est, certes, très cruciale en ce moment. L'aide qui leur a été apportée doit représenter 5 - 6 - 7 %, je ne sais pas exactement, du PIB ; ce n'est pas les 35 % de l'Irlande ! On est dans un cas différent. L'Espagne avait des problèmes considérables liés à son modèle économique, et ce modèle économique a généré des difficultés pour les banques. Ce n'est pas tout à fait le même séquencement. Un mot, quand même...

Yves Calvi

Oui...

Ariane Obolensky

... Pour vous dire, si vous permettez, quant au plan BARNIER, que l'ensemble des banques européennes et les banques françaises ont fait bon accueil à l'idée de mettre en place un plan d'un mécanisme de résolutions de crise !

Nous sommes d'accord avec l'intention ; après, il faut regarder les modalités. Simplement, malheureusement, ça ne pourra pas être adopté en quinze jours. C'est quelque chose qui est compliqué. Il faut le faire, c'est une solution à moyen terme qui fait partie, avec la supervision européenne et d'autres aspects, d'un plan bancaire européen certainement bienvenu. Ce n'est pas une solution à court terme. (...)

Yves Calvi

J'avais cette question SMS, et je veux bien que vous essayiez d'y répondre rapidement s'il vous plaît : "Pour traiter cette crise, il faut donc" - réaction d'un téléspectateur - "soit moins d'Europe, et renoncer à l'Euro, soit plus d'Europe !"

Ariane Obolensky

Je crois qu'il faut distinguer les horizons de temps. Il y a des choses à faire très vite, il y a des choses qui doivent être faites, je partage le sentiment qu'il faut faire plus de fédéralisme, mais il faut le faire dans un horizon de temps qui laisse précisément la possibilité aux pays, aux opinions publiques, d'être saisis, il faut faire ça démocratiquement pour que ça soit durable. Dans l'intervalle, il faut prendre des mesures, et je pense que de ce point de vue-là, s'il est nécessaire de recapitaliser directement les banques espagnoles, eh bien il faudra le faire.

(...)

 
 
 
 
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