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Mars 2017

L'enfer est pavé de bonnes intentions !

L'ouverture des marchés et le développement de la concurrence sont aujourd'hui l'alpha et l'oméga des politiques publiques, notamment au niveau européen. Les banques n'ont pas peur de la concurrence, et l'idée part d'une bonne intention : offrir plus de choix aux consommateurs et créer de la valeur en favorisant la multiplication des acteurs, la diversification des offres et...la baisse des prix. Au bout du compte, est-ce le bon calcul ?

S'il est un secteur déjà très concurrentiel, c'est bien le secteur bancaire en France notamment la banque de détail, celle du quotidien pour les particuliers et les PME. La gamme très large des produits et des prix, le coût très bas du crédit en sont des témoignages quotidiens. Mais la question qui se pose aujourd'hui va au-delà : quel modèle de relation veut-on pour la banque de détail en France ?

C'est clair, la banque de détail doit se réinventer face à une situation inédite qui bouleverse son modèle économique : une situation de taux bas qui dure -malgré un récent frémissement à la hausse des taux longs-, le choc du digital, une accumulation de règlementations lourdes de conséquences pour notre modèle de financement de l'économie, et une fiscalité très importante (avec un taux d'imposition de 51% en moyenne sur 4 ans). Ces éléments pèsent sur la rentabilité des activités, particulièrement sur la banque de détail. Depuis 2007, la rentabilité des banques françaises a été divisée par deux, passant de près de 15% en 2007 à 6,7% en 2015 (source : ACPR).

Cette banque du quotidien se caractérise en France par une forte proximité relationnelle avec le client. Avec ses 37 567 agences bancaires, elle est présente sur tout le territoire. Même avec les meilleures intentions du monde, on risque d'en saper les fondements, de " saucissonner " la relation banque client, dans une approche à l'anglo-saxonne, qui est loin d'avoir fait ses preuves comme l'a démontré la pratique des crédits " subprimes " que les banques françaises avaient refusé de développer.

Deux exemples. Récemment la loi a donné la possibilité aux Français ayant souscrit un crédit immobilier de changer à tout moment leur assurance emprunteur. En réalité, seuls les emprunteurs les plus jeunes, en bonne santé et présentant des garanties financières suffisantes pourront bénéficier de cette liberté nouvelle. Les autres devraient au contraire faire face à un renchérissement du coût de leur assurance, conséquence d'une démutualisation annoncée. Cette évolution ultra individualiste est-elle bien mesurée ?

Autre exemple : la directive européenne sur les moyens de paiement (DSP2) permet l'arrivée de nouveaux acteurs non bancaires sur le marché des paiements. Au-delà des menaces sur la sécurité des systèmes de paiement que font potentiellement peser ces nouveaux entrants, leur modèle économique pose la question de l'utilisation qui sera faite des données personnelles des clients. Or, la sécurité des fonds et des données des clients est fondamentale pour le secteur bancaire ; qui a bâti patiemment et, moyennant des investissements colossaux, une relation de confiance avec ses clients. Ceux-ci ont-ils bien conscience de ce qui les attend ?

Marie-Anne Barbat-Layani
Directrice générale de la Fédération bancaire française

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Nos Positions

CREDITS : Les banques françaises battent tous les records en 2016
Avec 2 169 milliards d'euros d'encours de crédits en 2016, les banques françaises répondent aux besoins de financement des ménages comme des entreprises, à un rythme de croissance très soutenu (+ 4,4% sur un an). Elles sont en tête de la zone euro : le total des crédits des banques françaises représente plus de 20% des crédits accordés par les banques dans la zone euro et la croissance des crédits aux entreprises en France (4,9%) est plus du double de celle atteinte dans la zone euro (2%).
Le moteur du crédit fonctionne bien et les banques financent, chaque heure, l'équivalent de 150 logements et deux rames de train régional !

Lire le communiqué

Près d'un français sur deux détient un crédit en 2016
Les résultats de l'enquête de l'Observatoire des Crédits aux Ménages (OCM) montrent une stabilisation du taux de détention des crédits par les ménages à 46,4% en 2016 et un rebond du taux de détention des crédits immobiliers qui passe de 30,2% à 30,7%. Ce sont plus de 1,2 million de ménages qui ont contracté un nouveau crédit immobilier, soit une hausse de 4 %. L'année 2016 a donc été une année remarquable en raison du dynamisme de la demande et de l'offre bancaire. L'OCM souligne un renforcement du sentiment d'amélioration de la situation financière des ménages : 62,5% estiment en 2016 que leur situation financière s'est améliorée ou stabilisée (contre 58,7% en 2015). Et cette optimisme se retrouve dans leurs intentions de souscrire de nouveaux crédits immobiliers en 2017, qui progressent encore se rapprochant des niveaux d'avant la crise de 2008/2009.

Lire le communiqué

Il n’y a pas d’âge pour parler argent !
Dans le cadre de la semaine européenne de l'argent, " European Money Week " du 27 au 31 mars 2017, la FBF renouvelle son opération "J'invite un banquier dans ma classe". En 2016, plus de 150 ateliers d'éducation financière ont permis aux enseignants, avec le concours de banquiers locaux mobilisés, de sensibiliser 3 300 enfants de 8 à 11 ans aux notions liées à l'argent, autour d'un jeu de plateau.

Pour en savoir plus

Ils l'ont dit

Président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi lors d'une audition au Parlement européen
02/06/2017
« La dernière chose dont nous ayons besoin à l'heure actuelle est un assouplissement de la régulation. L’idée consistant à recréer les conditions qui étaient en place avant la crise est quelque chose de très inquiétant ».

FBF dans les médias

Radio Classique : "La banque est déjà dans un secteur extraordinairement concurrentiel"

7/2/2017

Marie-Anne Barbat-Layani était l'invitée de la Matinale de Radio Classique lundi 6 février 2017 avec Nicolas Pierron. Jour J du lancement du nouveau dispositif de mobilité bancaire, elle en a rappelé les principes et les obligations de chacun, banques et émetteurs. Interrogée sur les effets attendus de cette nouvelle loi, elle a rappelé le taux de satisfaction élevé de clients vis-à-vis de leur banque et leur grande fidélité. "78% des français ont une bonne image de leur banque, certains sont même multi-bancarisés afin de disposer des meilleures offres en fonction de leurs besoins. Ce secteur est donc déjà très concurrentiel et les français n'hésitent pas à faire jouer la concurrence, notamment pour les crédits immobiliers et à changer de banque".

lire l'intervention

EUROPE 1 - LE ZOOM ECO, Axel de Tarlé du 06/03/2017

6/3/2017

« Réjouissons-nous d’avoir des banques en pleine forme. Ça veut dire : 1. qu’il n’y a pas besoin d’argent public pour les renflouer ; 2. des banques en forme, c’est l’assurance que les entreprises françaises sont bien financées ; et puis 3. en ces temps de Brexit, c’est un excellent argument commercial pour les banques internationales installées à Londres de leur dire : Venez en France, les banques ne s’y trouvent pas si mal. »


Agenda

Mars
7

Remise du prix Turgot 2017 pour le meilleur livre d'économie financière par Marie-Anne Barbat-Layani

Mars
8

Assise de la chambre nationale des conseils experts financiers - "les femmes dans la finance" - Intervention de Marie-Anne Barbat-Layani

Mars
9

Conférence de presse de la BCE sur la politique monétaire

Mars
9 / 10

Conseil européen

Mars
15 / 16

MEDEF : Université du numérique / IIF G20 Conference "The G20 Agenda under the German Presidency", Francfort

Mars
17 / 18

Réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale du G20 à Baden

Mars
20 / 21

Eurogroup et Ecofin

Mars
27 / 31

European Money Week - Opération FBF "J'invite un banquier dans ma classe"

Avril
6 / 7

Réunion des Ministres du G20 chargés du numérique à Dusseldorf, Allemagne

Le tweet du mois

Le chiffre du mois

Les banques sont au coeur de l'innovation. Les #FinTech ne constituent pas une menace mais une opportunité supplémentaire pour innover #PFF17
@FBFFrance

911 mds € : niveau historique des crédits aux entreprises atteint en 2016